Lieu

Archives Nice Côte d’Azur - Palais de Marbre
9, avenue de Fabron – Nice

Date

19 Juin 2019 - 03 Oct 2019

Heure

Sauf jours fériés
8 h 30 min - 18 h 00 min

Tarif

Accès libre

Expo : Avec Martine Carol et Lola Montès à la villa les Palmiers

Récit d’un tournage (Nice, 1955)

Exposition réalisée par les Archives Nice Côte d’Azur.
En partenariat avec La Cinémathèque française.

Dans le cadre de l’année du Cinéma à Nice, et en résonance avec l’exposition  « Cinémapolis » du musée Masséna, l’exposition « Avec Martine Carol et Lola Montès à la villa les Palmiers » Récit d’un tournage (Nice, 1955) se propose d’évoquer, dans les murs même qui ont accueilli Martine Carol, Max Ophüls et Claude Pinoteau, le tournage du film Lola Montès à Nice en avril 1955.

A partir des collections municipales (Service d’Archives Nice Côte d’Azur et Bibliothèque municipale à vocation régionale) et de prêts exceptionnels de la Cinémathèque française, l’exposition fera dialoguer les intérieurs et extérieurs de la villa « Les Palmiers » avec des photographies de tournage et d’exploitation, les tapuscrits et cahiers des réalisateurs, des costumes, des affiches et extraits de films.

PARCOURS DE L’EXPOSITION

Martine Carol, blonde sulfureuse
Dès le hall d’entrée, transformé en accueil de cinéma, le visiteur découvre l’œuvre du romancier Cecil Saint-Laurent et la carrière cinématographique de Martine Carol au travers de livres et affiches de films.

Un tournage à la villa Les Palmiers
Le parcours se poursuit dans un espace dédié à la mise en valeur de costumes portés par Martine Carol sur le tournage, issus des collections de la Cinémathèque française. Y sont présentés également des cahiers de tournages et dessins originaux ainsi que des photographies de plateau et des extraits de film.

Lola Montès dans les salles obscures
Il est ensuite évoqué l’accueil reçu par le film dans les salles au travers d’affiches, revues cinématographiques, photographies de promotion, programmes de cinéma et extraits de film.

Le Nice de Martine Carol
La fin du parcours est dédiée au Nice des années 1954-1956 au travers de photographies d’époque et des collections de presse issues des fonds d’archives municipales.

Scénographe et conception graphique
Maddalena Giovannini architecte DIUAV, designer, scénographe
Caroline Germain, C’Graphik


Gérard Decaux (photographe) – Martine Carol [1959] – Carte postale – Collection particulière.

MARTINE CAROL (1920-1967), « l’Étoile aux cheveux d’or »

C’est au théâtre que, toute jeune fille, Marie-Louise Mourer, née en 1920 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), commence sa carrière d’actrice. Sous l’Occupation, elle tourne dans des films financés par la firme allemande « Continental ». Après guerre, elle choisit le pseudonyme de Martine Carole, avant de laisser tomber le « e » final. Elle commence alors à apparaître régulièrement au cinéma, aux côtés de Jean Gabin, Pierre Brasseur ou Luis Mariano.
Le personnage de « Caroline chérie » la rend célèbre en 1951-1952 : aristocrate ravissante et déterminée qui survit à la Révolution et prend sa revanche sous l’Empire, Martine Carol use largement de ses talents de séductrice, devenant le « sex-symbol » à la française.

En 1954, elle épouse le cinéaste français Christian-Jaque qui lui réserve des rôles taillés sur mesure dans Lucrèce Borgia, Madame du Barry et Nana. Au faite de sa gloire, elle reçoit la « Victoire de la meilleure actrice » en 1953 (pour Adorables créatures), en 1954 (pour Lucrèce Borgia) et en 1956 (pour Nana) ainsi que le prix « Ciné-Revue de Popularité féminine », ex æquo avec Michèle Morgan, en 1956.

Les savons « Lux », les biscottes « Exona » ou les cafés « Mokalux » en font leur égérie publicitaire. Les petites filles s’arrachent les cartes, buvards, figurines, miroirs et autres produits dérivés à son effigie et son prénom-pseudo est le premier prénom féminin donné en France entre 1955 et 1960, avec un pic de 22.824 petites Martine nées en 1954.
Sa carrière sombre peu après la sortie de Lola Montès d’Ophüls, boudé par le public. Le parallèle s’impose entre le destin du personnage et celui de la comédienne, aussi célèbre pour ses frasques que pour ses films, ayant été l’épouse de cinq hommes et alignant les tentatives de suicide. À partir de 1956 sa notoriété pâtit de celle de Brigitte Bardot tandis que le cinéma traditionnel se voit balayé par la « Nouvelle Vague ». Martine Carol sombre dans la dépression, abuse de médicaments et d’alcool, s’impose des cures draconiennes d’amaigrissement. Le 6 février 1967, peu de temps après le tournage de Jugement à Prague, son dernier mari, un homme d’affaires anglais, la retrouve morte, âgée de 46 ans, dans sa chambre de l’hôtel de Paris à Monte-Carlo, officiellement victime d’une crise cardiaque. Elle est provisoirement inhumée le 10 février 1967 au cimetière du Père-Lachaise à Paris puis au cimetière du Grand Jas à Cannes, tombe bientôt profanée par des pilleurs de sépultures à la recherche des bijoux de la star.

« LOLA MONTES » DANS LES SALLES


Lola Montès, Max Ophüls, 1959, Affiche couleur – Service des Archives Nice Côte d’Azur – 7 Fi I

Le 22 décembre 1955, Lola Montès (113 minutes) est présenté au public français ; en janvier 1956, sort sa version allemande de 115 minutes. Les Niçois peuvent le découvrir à partir du 29 février 1956 au Variétés, à l’Excelsior et au Forum.

Le film s’ouvre dans un cirque gigantesque à la Nouvelle-Orléans, vers 1860.On y représente la vie extraordinaire de Lola Montès, l’une des courtisanes les plus fêtées de son époque, anoblie comtesse de Landsfeld par le roi de Bavière avant d’être chassée de ce pays par les émeutiers de 1848. Les premiers mots que prononce Lola – une femme d’une trentaine d’années dont le visage semble un masque, l’étrange expression d’une poupée de cire, comme l’ombre de sa propre vie – sont : « Ça va aller », parfaite antiphrase puisque les premières séquences l’ont montrée en bête de cirque, offerte dans une sorte de « strip-tease moral » à la concupiscence et au mépris du public par un Monsieur Loyal monstrueux, exhibée dans une cage où la foule se presse pour avoir le privilège de toucher les mains de la femme la plus scandaleuse de la terre. Un jour, le grand plongeon dans le vide qui constitue le clou du spectacle lui sera fatal.

C’est sans doute en s’appuyant sur le succès inattendu de La Ronde (1950), fondé sur la forme du manège, que Max Ophüls a structuré son film en « flash-back » avec une alternance d’épisodes remémorés (Liszt, le bateau, Paris, l’Écosse et la Bavière) et de retours à la piste, le spectacle de cirque étant investi de la symbolique métaphysique du Jugement dernier.

Une ambiance colorée marque chaque époque : l’épisode de Liszt est proposé dans des couleurs automnales (or, rouge, jaune foncé) dans les décors extérieurs et intérieurs ; la jeunesse de Lola doit être traitée dans un mélange de gris, bleu foncé et noir ; l’épisode bavarois en bleu, or mat, argent et bleu hivernal tendre.

AUTOUR DE L’EXPOSITION

Visites commentées
Samedis 29 juin, 20 juillet et 10 août à 15h (ou visites libre de 14h à 18h)

Projections du film à la Cinémathèque de Nice (version restaurée de 2008)
Samedi 29 juin à 20h et le mardi 2 juillet à 18h
Renseignements et tarifs http://www.cinematheque-nice.com/index.php

Ouverture exceptionnelle et animations
21 et 22 septembre de 10h à 18h dans le cadre des Journées européennes du patrimoine
29 septembre de 10h à 18h à l’occasion de “L’envers du décor” (journées portes ouvertes aux studios de la Victorine).

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