Les Enfants du Paradis © DR Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
© 1945 – Pathé production

Affaires sensibles, émission de radio du 29 janvier 2019, diffusée sur France Inter et présentée par Fabrice Drouelle (55 minutes).
Avec Carole Aurouet, enseignante et chercheuse à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

Ce film a été élu meilleur film de tous les temps par quelques 600 critiques lors du centenaire du cinéma.
Une hégémonie qui tient tout à la fois à ses moyens exceptionnels, sa durée, son ampleur, ses acteurs mythiques et l’universalité de son thème amoureux et théâtral.
Certains parlent aussi d’une forme d’académisme un peu rigide qui le protège du temps…
Et il est vrai que l’industrie du cinéma français, ses arts et techniques, son artisanat, atteignaient ici un sommet historique.
Même le jeune François Truffaut, plutôt critique du cinéma de Carné, s’inclinera à la fin de sa vie : « J’ai fait 23 films, dit-il, mais je les donnerais tous pour avoir fait Les Enfants du Paradis ».
Tourné sous l’Occupation, exploité après la Libération, le film concentre tous les déchirements de son temps : un scénariste poète anarchiste, un cinéaste homosexuel de gauche, un décorateur et un compositeur juifs contraints de travailler dans la clandestinité, un acteur officiellement collabo, une star française amante d’un officier allemand… Les personnages du film, eux, traversent la réalité sur la pointe des pieds, étonnants funambules en équilibre entre la comédie et le drame… « Mesdames, Messieurs, entrez dans la légende ! ».

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